Le réchauffement climatique : les solutions

19-20 juin 2008 – Formation interministérielle, Montpellier.

 

Réchauffement climatique

Les hommes et les sociétés subissent déjà les premières conséquences du réchauffement climatique : le niveau des mers monte, les maladies se déplacent, l’agriculture se modifie… Selon les climatologues, les températures vont encore augmenter au cours du XXIe siècle et les canicules meurtrières devraient s’accentuer. Les citoyens des villes européennes sont-ils prêts à s’adapter à ce changement sans précédent ? Des solutions existent. Des véhicules propres aux éoliennes, en passant par le captage du carbone, de nouvelles techniques nous aideront à rejeter moins de CO2. Mais la voie la plus efficace serait de réduire nos besoins énergétiques grâce à une meilleure isolation des logements, une organisation urbaine optimisée et en laissant nos voitures au garage pour les courts trajets. Pour que chacun consente à l’investissement, mesures incitatives et outils financiers seront nécessaires.

Les causes humaines et naturelles du changement climatique à l’échelle mondiale

Les concentrations mondiales actuelles de dioxyde de carbone, de méthane et de protoxyde d’azote ont crû de façon notable par suite des activités humaines depuis 1755 et maintenant dépassent largement les valeurs préindustrielles déterminées à partir des carottes de glace couvrant plusieurs milliers d’années. Les augmentations du dioxyde de carbone sont principalement dues à l’utilisation des combustibles fossiles et au changement d’utilisation des terres, tandis que ceux du méthane et du protoxyde d’azote sont principalement dus à l’agriculture.

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Observations directes des changements récents et modélisation des changements futurs…

Le réchauffement du système climatique est sans équivoque : il est maintenant évident dans les observations de l’accroissement des températures moyennes mondiales de l’atmosphère et de l’océan, la fonte généralisée de la neige et de la glace, et l’élévation du niveau moyen mondial de la mer, la diminution de la biodiversité… Onze des douze dernières années figurent ainsi au palmarès des douze années les plus chaudes depuis qu’on dispose d’enregistrements de la température de surface… Il est extrêmement invraisemblable que ce changement climatique mondial des cinquante dernières années puisse être expliqué sans forçages externes et très vraisemblable qu’il n’est pas seulement dû à des causes naturelles connues. La poursuite des émissions de gaz à effet de serre au niveau actuel ou au-dessus provoquerait un réchauffement supplémentaire et induirait de nombreux changements dans le système climatique global au long du 21e siècle, qui seraient très vraisemblablement plus importants que ce qui a été observé au cours du 20e siècle.

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Faut-il agir ? Les raisons de l’urgence

L’économie mondiale est-elle réellement menacée par le changement climatique ? Devons-nous investir massivement pour éviter le pire ? ou nous contenter de gérer le coût des dégâts ? Si le réchauffement global ne fait plus débat, il n’en va pas des remèdes à apporter. D’un côté, un rapport de Nicolas Stern, ancien économiste de la Banque mondiale, compare le coût du changement climatique à celui de la Seconde Guerre Mondiale. De l’autre, le statisticien Bjorn Lomborg écrit dans son dernier ouvrage à succès : “Il ne faut pas dépenser de grandes quantités d’argent à une hausse minime des températures de la planète, car ce serait faire mauvais usage des ressources […]. Combattre le réchauffement climatiques revient certes […] à aider leurs populations futures (des pays en voie de développement), mais si l’on dépense la même quantité d’argent directement dans ces pays, on aidera leurs habitants actuels aussi bien que leurs descendants.” Des positions aussi contrastées laissent perplexe. Pourtant une littérature scientifique a tenté d’éclairer la question pour éviter que le débat ne tourne à la guerre de tranchées qui paralyserait toute action. Elle repose sur l’élaboration de modèles numériques qui intègrent une description de la croissance économique, des formes simples du cycle du carbone et les équations du climat. Les modèles permettent de décrire des scénarios d’évolution du couple “économie-climat” et de calculer la “trajectoire” d’émission la meilleure du point de vue de l’intérêt collectif.

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Avant d’envisager les solutions : mettons fin à certaines idées reçues…

Nous sommes maintenant certains du phénomène ! Si nous attendons d’avoir moins d’énergie fossile, il sera trop tard… Nous savons exactement quelle quantité de CO2 peut être émise pour que certains seuils ne soient pas franchis : il faut absolument ramener nos émissions à la moitié de ce qu’elles étaient en 1990. Si nous établissons un quota, la réduction des émissions devra être drastique et très rapide (!) dans les pays développés (facteur 4 en France, facteur 10 aux USA). Un aller-retour Paris/New York en avion sera suffisant pour atteindre ce quota. Et ni le fait de laisser sa voiture au garage, ni les progrès technologiques ne seront suffisants.

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Peut-on enterrer le réchauffement climatique ?

Une des méthodes encouragées par les accords de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre est actuellement à l’étude : le captage du dioxyde de carbone et son stockage dans le sous-sol. Une centrale thermique de 1000 mégawatts rejette dans l’atmosphère six millions de tonnes de CO2 par an. Ainsi le parc mondial est responsable d’un quart des émissions de ce gaz. Nous serons bientôt en mesure d’enfouir le gaz carbonique produit par ces centrales. Reste à savoir si nous sommes prêts à en assumer les risques et les coûts.

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Les solutions internationales et nationales

Face à cette menace, les états tentent depuis la convention de Rio de réagir. Quelles sont exactement les dispositions du protocole de Kyoto ? ces mesures seront-elles suffisante et prises assez rapidement ? L’Union Européenne fait en tout cas partie des leaders en matière de lutte contre le réchauffement grâce à son programme PECC. Quid de la France ? Le Plan Climat et les mesures récemment prises dans le cadre du Grenelle de l’Environnement montrent une véritable prise de conscience. Mais ces mesures sont-elles efficaces et suffisantes ?

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Quelles seront les mesures les plus efficaces ?

Le moyen le plus rapide et le moins cher d’enrayer les émissions de dioxyde de carbone est de mettre fin aux pertes lors de la conversion du combustible fossile en énergie utile. On réduirait la demande en énergie utile, et donc le gaspillage d’énergie, si on isolait mieux les bâtiments, changeait les procédés industriels et conduisait des voitures plus légères et plus aérodynamiques. Les pertes qui se produisent tout au long de la chaîne de transformation énergétique sont autant d’angles d’attaque pour lutter contre le changement climatique et l’augmentation incontournable des coûts de l’énergie. Des technologies, des savoir-faire plus adaptés doivent se substituer à l’utilisation excessive de l’énergie et des matériaux. Mais surtout la solution passe par une remise en cause personnelle et un changement de notre mode de vie et de notre façon de consommer…

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