Le réchauffement climatique dans le bassin méditerranéen

18 octobre 2007, 9 novembre 2007 – Formation interministérielle, Montpellier

Réchauffement climatique

Le bassin méditerranéen couvre la région étendue de quelques centaines de kilomètres autour de la mer Méditerranée. Le climat de cette région est caractérisé par un fort contraste entre l’été et l’hiver, surtout pour les précipitations et le cycle hydrologique à la surface. Des mécanismes climatiques complexes y opèrent et font intervenir l’atmosphère, l’océan nord-atlantique, la mer Méditerranée, les glaciers alpins, la végétation continentale et les aérosols d’origine désertique ou anthropique. Le bassin méditerranéen est une région très peuplée. C’est également une région économiquement très active et le moindre incident climatique peut entraîner d’importantes conséquences économiques et sociétales. La Méditerranée est enfin une zone de transition entre un climat chaud et sec au sud et un climat doux et humide au nord. Ceci implique que la Méditerranée et ses écosystèmes sont sensibles et vulnérables au changement climatique.

L’effet de serre : un phénomène naturel amplifié par l’homme

L’effet de serre est, à l’origine, un phénomène naturel. Il permet à la température de la basse atmosphère de se maintenir autour de 15ºC en moyenne et conditionne le foisonnement de différentes formes de vie sur la Terre. Sans lui, la température moyenne de la surface de la Terre avoisinerait -18ºC interdisant toute forme de vie. Le phénomène d’effet de serre est lié à la présence dans l’atmosphère de certains gaz qui piègent le rayonnement émis par la Terre (infrarouge). Une partie de ce rayonnement est réémise en direction du sol, contribuant ainsi au réchauffement des basses couches de l’atmosphère. Cependant, depuis le début de l’ère industrielle, l’homme a rejeté dans l’atmosphère des gaz (gaz carbonique, méthane, oxydes d’azote, etc.) qui augmentent artificiellement l’effet de serre. Si cet ajout à l’effet de serre naturel est faible (environ +1 %), il amplifié par la vapeur d’eau et a ainsi contribué, entre autre, à l’augmentation de la température moyenne de notre planète d’environ 0,5 °C observée dans la seconde moitié du vingtième siècle.

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Le climat est variable : les leçons de l’histoire

Les informations paléoclimatiques confirment l’interprétation que le réchauffement du dernier demi-siècle est atypique sur au moins les 1 300 dernières années. La dernière fois que les régions polaires ont été significativement plus chaudes qu’actuellement pendant une longue durée (il y a environ 125 000 ans), la réduction du volume des glaces polaires a conduit à une élévation du niveau des mers de 4 à 6 mètres…

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La terre se réchauffe…

Le réchauffement du système climatique est sans équivoque, car il est maintenant évident dans les observations de l’accroissement des températures moyennes mondiales de l’atmosphère et de l’océan, la fonte généralisée de la neige et de la glace, et l’élévation du niveau moyen mondial de la mer. Onze des douze dernières années figurent ainsi au palmarès des douze années les plus chaudes depuis qu’on dispose d’enregistrements de la température de surface…

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Le réchauffement en Europe et en France

Si on examine le réchauffement sur la France, des particularités régionales apparaissent : un réchauffement plus marqué des minimales sur l’ouest du territoire, un réchauffement plus marqué des maximales au Sud qu’au Nord, les températures minimales (de 0,7 à 1,7°C/siècle) ont davantage augmenté que les maximales (de -0,1 à 1,3°C/siècle). Combinant ces deux signaux, il est naturel de constater que c’est sur le Sud-Ouest du territoire que le réchauffement est plus marqué. Enfin, si on examine l’amplitude diurne (la différences entre les maximales et les minimales), on constate que le contraste thermique est devenu moins marqué. Du côté des précipitations, les résultats sont moins complets et moins significatifs. Ils dessinent plutôt une pluviométrie plus marquée et différente (plus de précipitation l’hiver et moins l’été).

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Les impacts constatés

Plusieurs changements ont été observés dans le monde — la fonte de portions de banquise, le recul généralisé des glaciers de montagne, une hausse du niveau marin, de nombreux dérèglements phénologiques, la modification de l’aire de répartition de différentes espèces animales et végétales… — qui semblent cohérents avec l’existence d’un réchauffement climatique planétaire. Il faut cependant noter que le lien entre ce réchauffement et les observations faites n’est pas toujours établi de façon sûre.

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La terre se réchauffe et va continuer à se réchauffer

Pour les deux prochaines décennies un réchauffement d’environ 0,2 °C par décennie est simulé pour une série de scénarios d’émissions du Rapport spécial. La poursuite des émissions de gaz à effet de serre au niveau actuel ou au-dessus provoquerait un réchauffement supplémentaire et induirait de nombreux changements dans le système climatique global au long du 21e siècle, qui seraient très vraisemblablement plus importants que ce qui a été observé au cours du 20e siècle. A l’état actuel de la recherche scientifique, il est très difficile de raffiner les scénarios climatiques à l’échelle locale, voire régionale. Néanmoins, Une certaine cohérence parmi les différents modèles a été trouvée sur la région Europe – Méditerranée et les tendances réellement observées corroborent les résultats modélisés. Pour un réchauffement global, l’anticyclone des Açores semble renforcé et s’étend sur une zone plus large. Sous influence de l’anticyclone, le bassin Méditerranéen connaît une diminution de pluie. La côte méditerranéenne est la destination touristique la plus populaire du monde, captant 30 % des flux touristiques et des revenus du tourisme mondial. Une augmentation des températures moyennes de 2°C serait à l’origine de vagues de chaleur extrêmes et de sécheresses plus fréquentes et plus longues, de feux de forêt plus nombreux. Elle menacerait également les réserves d’eau douce. Tous ces facteurs, directement ou indirectement, pourraient détourner les estivants de cette zone. Pour le secteur agricole, des températures plus élevées et des périodes de sécheresses allongées pourraient induire une baisse de la production dans la région. Si l’on ajoute à cette élévation de température une diminution globale des pluies estivales, les cultures fortement consommatrices d’eau en seront particulièrement affectées et pourront perdre jusqu’à 40 % de leur rendement.

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La canicule de 2003, les prémices du climat futur ?

La première quinzaine du mois d’août 2003, l’Europe est atteinte par une canicule. Cette canicule est exceptionnelle, à la fois par sa durée, mais également par son intensité, puisque de nombreux records de température sont battus dans plusieurs villes européennes. Cette canicule a suivi un printemps et un début d’été marqués par une sécheresse importante qui rappelle celle de 1976 qui est encore pire en manque d’eau qu’en 2003 par sa durée. Dans certains pays, comme la France ou le Portugal, les conséquences sur les écosystèmes, la population, et les infrastructures sont importantes et provoquent une crise politique. Cette canicule est particulièrement intéressante pour les climatologues. Quoique rare tant en fréquence, qu’en intensité, elle correspond aux scénarios prédits par les modèles pour 2050…

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